Roselyne Titaud

chez OI-Glass

Art-entreprise

de décembre 2022
à octobre 2023

L'artiste Roselyne Titaud est accueillie pour une résidence auprès de l'entreprise de fabrication d'objets en verre OI-Glass, à Puy-Guillaume (63), l'une des plus anciennes d'Auvergne. Elle souhaite y mener un projet photographique afin de rendre hommage aux verriers qui y travaillent et aux objet qu’ils produisent.

Située à Puy-Guillaume, commune de 2700 habitants à 15 minutes de Thiers, l’usine de verrerie O-I Glass (O-I) fait partie du paysage et du patrimoine local. Elle est l’une des plus anciennes usines d’Auvergne qui a employé jusqu’à 800 ouvriers du verre. Ses fours sont allumés depuis plus d'un siècle et fabriquent aujourd'hui du verre avec 35 % de matière recyclée. Ils font d’ailleurs sa réputation en Auvergne Rhône-Alpes. Par ailleurs, O-I Glass est l’un des principaux fabricants de bouteilles et de pots en verre dans le monde avec plus de 10 usines en Europe.

L’humain : verrier d’hier et aujourd’hui

Partant des verriers du site, mais aussi de leurs familles et des anciens employés qui ont travaillé à la verrerie, habitants de Puy-Guillaume entretenant une étroite relation à la production de verre, Roselyne Titaud envisage de réaliser une série de photographies de leurs intérieurs privés sous la forme de portraits en creux. De quelle façon le verre apparait-il dans l’espace domestique de chacun ? Possède-t-il une place spécifique au sein du foyer ? Comment est-il perçu ? Préalablement à ces visites d’intérieurs, des rencontres seront organisées sur le site de l’usine et seront introduites par les questions suivantes : Si vous deviez retenir un seul objet produit, quel serait-il et pourquoi ? Sauriez-vous nommer un objet en verre de chez vous ?

Ces images, qui ne seront pas nominatives, permettront de mettre en lumière des individus, des façons d’orchestrer l’espace domestique et d’éclairer une certaine relation aux objets.

Ne seront pas oubliés les espaces administratifs où bureaux et tables de travail qui livrent quelques secrets individuels mais où ici encore l’anonymat témoignera d’une entreprise collective.

L’objet : manufacturé et « bousillé »

Dans le prolongement des premières rencontres menées avec les employés de l’usine, une large recherche sera consacrée aux «bousillés » dont l’artiste a d’ores et déjà identifié quelques pièces. Si la perruque de métal est connue, celle de verre l’est beaucoup moins. Elle prend la dénomination de bousillage avec cette différence fondamentale qu’il s’agit bien de verre, mais travaillé sur le temps libre du verrier. Les « bousillés » sont fabriqués en dehors de la chaine par les ouvriers. Une goutte de verre était prélevée puis travaillée pour obtenir un bibelot : le plus souvent un cygne ouun soliflore.

Des traces de ces pratiques subsistent : quantité de pièces de bousillage constituent des collections à part entière au musée du verre de Charleroi (Belgique) ou au musée-atelier départemental du verre à Sars-Poteries (Nord, France). A Puy-Guillaume, la rencontre avec Madame Annick Guyonnet, ancienne adjointe à la culture, a également révélé la pratique du bousillage à l’usine de Puy-Guillaume et l’artiste a déjà identifié la présence d’objets collectionnés par certains habitants du village. Roselyne Titaud souhaite y accorder une place déterminante dans sa recherche : « ces « bousillés » constituent un lien entre le passé et le présent dans l’histoire de la verrerie.

En parallèle de cette recherche sur les bousillés principalement mis en scène en intérieur, avec l’aide d’ouvriers, l’artiste souhaite prélever des objets manufacturés non calibrés, déformés sur les lignes de production. Ainsi sauvés du recyclage, ils gagneront une nouvelle visibilité et pourront s’inscrire dans une série de natures mortes faites d’ensemble de vaisselles saisies en dehors de tout contexte.

Enfin, elle s'intéressera également à la ligne de production sera également investie et fera l’objet d’une observation dichotomique des ateliers de fonte (production) et des espaces de contrôle qualité (post production).

La résidence Art Entreprise est un dispositif du ministère de la culture soutenu par le réseau Entreprendre.